Pour les parents

Le lexique de l'apprentissage de la lecture

Phonème, graphème, combinatoire, fluence… L'école et les orthophonistes utilisent un vocabulaire précis. Voici ce que chaque mot veut dire, dans l'ordre où l'enfant rencontre ces notions, du principe alphabétique jusqu'à la lecture fluide.

Principe alphabétique

L'idée, fondatrice pour un jeune lecteur, que les lettres écrites notent les sons de la langue orale. Tant qu'un enfant ne l'a pas compris, il « devine » les mots d'après leur forme ou leur image.

Exemple : Comprendre que le « m » de maman est le même que celui de moto. En savoir plus →

Phonème

La plus petite unité de son qui change le sens d'un mot. Le français en compte environ 36 : 16 voyelles orales et nasales, 17 consonnes et 3 semi-voyelles.

Exemple : « pain » et « bain » ne diffèrent que par un phonème : [p] / [b]. En savoir plus →

Graphème

La lettre ou le groupe de lettres qui écrit un phonème. Un même son peut s'écrire de plusieurs façons : le son [o] s'écrit o, au, eau ou ô.

Exemple : Dans « bateau », eau est un seul graphème. En savoir plus →

Graphème complexe (son complexe)

Un graphème de deux lettres ou plus pour un seul son : ch, ou, on, an, in, oi, eau… On parle aussi de digramme (deux lettres) ou de trigramme (trois lettres). C'est souvent l'étape où les enfants ont besoin d'aide.

Exemple : ou n'est ni « o » ni « u » : c'est un son à part. En savoir plus →

Correspondance graphème-phonème

Le lien entre une écriture et un son, que l'enfant apprend un par un : c'est le cœur de la méthode syllabique. Une bonne progression enseigne d'abord les correspondances les plus régulières et les plus fréquentes.

Exemple : Voir la lettre f, dire [f]. En savoir plus →

Lettre muette

Une lettre écrite qui ne se prononce pas, très souvent en fin de mot. Elle a un rôle grammatical (pluriel, féminin) ou historique.

Exemple : Le t de « chat », le s de « les amis » quand on ne fait pas la liaison.

Syllabe

Un groupe de sons prononcés d'une seule émission de voix, autour d'une voyelle. À l'oral, on la sent en tapant dans ses mains ; à l'écrit, c'est l'unité que l'enfant apprend à assembler.

Exemple : « ca-na-pé » a trois syllabes. En savoir plus →

Syllabe inverse

Une syllabe qui commence par la voyelle, suivie d'une consonne : ar, il, os, ul. Elle est plus difficile que la syllabe simple (ra, li, so) parce qu'elle inverse l'ordre habituel.

Exemple : « ar » dans « arbre », « or » dans « orteil ». En savoir plus →

Groupe de consonnes

Deux consonnes qui se suivent et se prononcent ensemble dans la même syllabe : br, cl, tr, pl, st… L'enfant doit les enchaîner sans glisser de voyelle entre elles.

Exemple : « tra » et non « ta-ra ». En savoir plus →

Conscience phonologique

La capacité à entendre et à manipuler les sons de la langue, sans l'écrit : repérer une rime, compter les syllabes, trouver le premier son d'un mot. Elle se travaille dès la maternelle et prédit fortement la réussite en lecture.

Exemple : « Qu'entends-tu au début de sapin ? » — « sss ». En savoir plus →

Discrimination auditive

La capacité à distinguer deux sons proches à l'oreille, comme [f] et [v], [p] et [b], [ch] et [j]. Une difficulté ici se retrouve souvent à l'écrit.

Exemple : Entendre la différence entre « poisson » et « poison ». En savoir plus →

Fusion syllabique (combinatoire)

Le geste central de la lecture débutante : coller une consonne et une voyelle pour former une syllabe, puis des syllabes pour former un mot. On l'appelle aussi la combinatoire ; c'est le fameux « b et a, ba ».

Exemple : l + a = la ; la + pin = lapin. En savoir plus →

Décodage (déchiffrage)

Lire un mot en transformant ses lettres en sons et en les assemblant. C'est la voie indirecte de la lecture : lente au début, elle permet de lire n'importe quel mot nouveau.

Exemple : Lire « ca-rot-te » syllabe par syllabe. En savoir plus →

Encodage

Le chemin inverse du décodage : écrire un mot à partir de ses sons. Faire écrire de petits mots renforce la lecture, car l'enfant doit choisir chaque graphème.

Exemple : Entendre « moto » et écrire m-o-t-o.

Voie directe (lecture par adressage)

La reconnaissance immédiate d'un mot déjà rencontré, sans le déchiffrer. Elle se construit à force de décoder les mêmes mots : c'est elle qui rend la lecture rapide.

Exemple : Un lecteur entraîné lit « maison » d'un coup d'œil.

Mot-outil

Un petit mot très fréquent (le, et, dans, avec, est…) qui sert à construire la phrase. Quelques-uns ne se lisent pas comme ils s'écrivent et s'apprennent « en photo » ; les autres se déchiffrent.

Exemple : Dans « le chat est sur le lit », le, est et sur sont des mots-outils. En savoir plus →

Texte déchiffrable

Un texte écrit uniquement avec les sons que l'enfant a déjà appris (plus quelques mots-outils). Il lui permet de lire seul, sans deviner, et de réussir dès les premières semaines.

Exemple : « Léa a un petit lama » se lit dès que l, m, p, t sont connus. En savoir plus →

Fluence

La capacité à lire avec aisance : assez vite, sans erreur et avec l'intonation. On la mesure souvent en mots lus correctement par minute ; elle se travaille en relisant plusieurs fois le même texte.

Exemple : Relire trois fois un petit texte, en chronométrant pour le plaisir. En savoir plus →

Compréhension

Le but de la lecture : se faire une image de ce que dit le texte. Elle suppose un décodage assez automatique pour que l'attention reste libre pour le sens.

Exemple : Pouvoir répondre à « qui ? où ? pourquoi ? » après avoir lu. En savoir plus →

Méthode syllabique

Une méthode qui part des lettres et des sons pour construire des syllabes, puis des mots, dans un ordre de difficulté croissante. La méthode Boscher en est un exemple classique ; c'est l'approche recommandée par les programmes français actuels.

Exemple : Apprendre « p », puis « pa, pi, po », puis « papa, pipe ». En savoir plus →

Méthode globale

Une méthode qui fait d'abord mémoriser des mots entiers par leur forme, avant d'analyser les lettres. Elle n'est plus recommandée pour l'apprentissage initial : les travaux sur le cerveau lecteur montrent l'efficacité supérieure de l'enseignement explicite des correspondances.

Exemple : Reconnaître « éléphant » à sa silhouette, sans savoir le déchiffrer. En savoir plus →

Dyslexie

Un trouble durable de l'apprentissage de la lecture, d'origine neurodéveloppementale, qui persiste malgré un enseignement adapté. Il se diagnostique par un bilan orthophonique, en général pas avant la fin du CP ou le CE1.

Exemple : Des confusions de sons qui persistent au CE1 méritent d'en parler au médecin. En savoir plus →

Pour passer à la pratique : les fiches de sons, le tableau des syllabes, les mots-outils et les petits textes à lire, tous gratuits.

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